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Lorsque la solitude est devenue ma muse

J’ai lu cet été O Solitude, de Catherine Millot. Dans ses écrits, elle invoque le silence extérieur, le silence intérieur, propice à la créativité et à l’écriture. Le silence extérieur, sous la forme d’un voyage à l’étranger, qui prend rapidement les apparences d’un voyage initiatique. Un silence intérieur, créée par cette solitude imposée, qui mets l’auteur face à elle même, face à ses questionnements et remises en cause. Autant cette solitude est positive, dans le sens où elle pousse l’auteur à trouver les réponses à l’intérieur d’elle même, à s’ouvrir aux réponses qu’elle va recevoir, autant le silence assourdissant peut conduire à la torture mentale et à l’exacerbation des sentiments refoulés.

Comment dire? Je me suis retrouvée dans les propos de Catherine Millot, cet été où j’ai été « obligée » de faire face à ma solitude, à n’avoir que moi pour seule compagnie. La maman en moi a été soulagée de pouvoir souffler quelques jours, avant de ressentir le manque de la présence de ma petite famille. Puis lorsque les retrouvailles ont été annulées et que la période de solitude s’est prolongée, mes vieux démons ont refais surface, ceux que je mets de côté pendant la période scolaire. Mes vieux démons, mais aussi mes rêves. Pas moyen de leur échapper, pas d’autres choix que de leur faire face. Des remises en questions, des peurs qui remontent, des choix qu’on réexamine.

Pas fun tout ça, me diras-tu. Eh bien, oui et non. De cette solitude, de ce repli, s’est crée un espace d’accueil. Un espace pour accueillir ce qui n’est pas encore, ce qui vient. Le vide provoqué par la solitude s’est rempli de créativité. J’ai écrit, beaucoup. J’ai repensé mes livres, mes choix d’édition (dont je parlerai dans un autre billet). J’ai recommencé à effectuer des soins énergétiques, mes sens se sont développés. Je me suis posé des questions sur la finalité de tout cela, avant de me rassérener et de réaliser que ce n’était pas la finalité le plus important, mais les expériences que je vivais. L’espace crée par la solitude s’est rempli d’énergie, d’écriture, et d’amour, de beaucoup d’amour. Pour moi même, et pour les autres (en général).

Petit à petit, ma solitude est devenue synonyme de liberté. Dans l’impossibilité de planifier, de ne pas voir l’horizon, de ne pas me créer un futur immédiat, j’ai retrouvé ma liberté. Libre de ne pas avoir de futur, délestée du poids de l’organisation, soustraite à toutes obligations autres que les professionnelles.

J’ai senti l’énergie bouger, mes doigts se sont agités sur la clavier, les idées et les intuitions allant plus rapidement que mon esprit. L’énergie a bougé, et j’ai ressenti ce que Catherine Millot appelle « l’impatience heureuse des commencements ».

Ce re-commencement qui pointe à l’horizon, mais dont on ne perçoit pas encore réellement les contours. Tu sais, ces moments où tu sens bien qu’une page est en train de se tourner, fébrile à l’idée des changements qui arrivent, sans pour autant savoir ce qu’ils seront vraiment. Peut-être ne seront-ils que de petites vagues, peut-être seront-ils des tourbillons qui vont révolutionner ta vie. Je n’en sais encore rien, juste que je suis excitée à l’idée de ce qui arrive. Les vielles énergies ont disparu et fait place à du neuf, je les ai bien senties s’en aller, et j’essaie toujours pour l’instant, de m’adapter aux nouvelles.

Ce que tout cela va donner dans quelques mois, dans quelques semaines, je n’en sais rien du tout. Je vis cette impatience heureuse dans la sérénité, sans avoir toujours besoin de sonder l’horizon.

J’ai retrouvé ma petite famille et à l’heure où j’écris ces mots, nous préparons la rentrée scolaire. Cette année scolaire qui s’annonce pleine de surprises, je le sens. Je te tiendrais au courant, je m’en suis fait la promesse.

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